Les faux-pas du maire sortant

Depuis six ans, nous avons tenu notre place d'opposition municipale en combinant plusieurs modes d'action. Nous avons œuvré à la diffusion de l'information vers les citoyens et nous nous sommes fait les relais de certains groupes d'habitants parfois laissés de côté. Nous avons aussi fait de nombreuses propositions en notre qualité d'élus municipaux. Enfin, nous avons interpellé le maire sortant à chaque fois qu'il ne respectait pas les règles et quand ses décisions semblaient oublier l'intérêt général.
En voici deux nouveaux exemples.

Un maire sortant pas très fair-play

Ah ! Qui n’a pas entendu le maire de Forcalquier vanter les valeurs du sport, en particulier le fair-play. Quel dommage qu’il ne mette pas en application cette belle vertu quand il s’agit de politique car « jouer fair-play » commence par respecter des règles.

Inaugurations et cérémonies en cascade 

Depuis le 1er septembre, nous sommes en précampagne électorale. Cela veut dire : neutralité des maires en exercice qui ne peuvent pas utiliser leur fonction pour se mettre en avant. C’est la loi, qu’ils soient candidats déclarés ou pas.

Or, à quoi assistons-nous depuis de la part du maire sortant ? Des inaugurations et des cérémonies en cascade : travaux de la cathédrale, 100 ans du carillon, « pôle solidaire », stade Alain Prieur, label « ville active et sportive », départ donné du cross du collège (en 6 ans, c’est la première fois), participation à Forca’Run, « fête des grands-pères », « show Cloclo », bal des Étoiles, multiplication des réunions de quartiers en un temps record, toutes à la mairie…

Tout cela avec l’un ou l’autre (souvent les deux) de ces bonus : mise en avant de l’évènement sur les réseaux sociaux et apéritif offert !

Le numéro de novembre de Forc’actus est aussi un modèle de ce que l’Association des maires de France recommande de ne pas faire en période de précampagne électorale : le maire coupant un ruban, la promotion de l’action de l’équipe majoritaire, la diffusion de son programme (en matière de culture, p. 7), car il s’agit de projets qui ne pourront voir le jour qu’après les élections de mars 2026…

Garantir une compétition équitable

Une solution simple existe, autorisée par le législateur : que le maire se déclare candidat et qu’il fasse campagne sur ses deniers propres, qu’il paye des chargés de communication, un directeur de campagne, l’impression des cartons d’invitation, les apéros… tout ce qu’il voudra tant qu’il n’utilise pas les supports de communication et les moyens financiers et humains de la collectivité.

Et s’il hésite à se porter candidat, qu’il respecte tout de même les lois de la République, ces règles communes qui garantissent une compétition équitable. Bref, il s’agit de ne pas oublier le fair-play, l’une des plus belles valeurs du sport.

  Charles Dannaud


600 000 € de perte nette pour la ville… pour zéro logement construit 

Le projet Cooplicot, validé par la précédente majorité municipale, apportait un bout de réponse au problème de l’accès au logement dans notre ville. Une quarantaine d'habitations, en location et en accession sociale, devaient voir le jour aux Chambarels, sous la forme d'un habitat participatif. Ce projet réunissait 74 personnes engagées pendant plus de 2 ans dans sa conception. 

De défaite judiciaire en défaite judiciaire

Il a capoté parce que le maire sortant a refusé d’honorer la promesse de vente du terrain (300 000 ¤) signée par son prédécesseur. Les futurs habitants ont protesté. Le maire les a ignorés. L’organisme HLM, MFP, a porté plainte. Le maire a perdu en première instance, il a fait appel, il a perdu à nouveau. Dans son jugement, le tribunal a ordonné à la mairie de respecter son engagement et de payer 12 000 ¤ de dommages et intérêts au bailleur. 

Le maire a choisi le pourvoi en cassation, avant de négocier avec MFP pour échapper au risque d’une défaite définitive (Conseil municipal du 24 juin 2025).

Étant donné la grande faiblesse de sa position juridique, le maire sortant était très mal placé pour négocier. Il a donc accepté de payer 260 000 ¤ à MFP pour l’abandon de sa plainte, là où le tribunal ne demandait que 12 000 ¤ de dommages et intérêts, soit… 21 fois moins. 

Quarante familles laissées de côté

Le projet Cooplicot

Pour quel résultat final ?

Quarante familles sur le carreau, du temps et de l’argent perdu, et toujours aucun logement construit 6 ans après. Avec cet « accord », la Ville subit une perte financière nette de quasiment 600 000 ¤ (300 000 ¤ pour la non-vente du terrain, 260 000  ¤ de dédommagement, 30 000 ¤ de frais de justice). Pour effacer cette perte, il lui faudra vendre le terrain au moins 600 000 ¤. 

À ce prix-là, quel promoteur pourra proposer des logements de qualité et abordables ? Autant dire que ce n’est pas avec ce genre d’opération immobilière que pourront être logées les familles modestes et les jeunes qui veulent travailler ici.

Et l'intérêt des habitants ?

Si le maire ne s'était pas aventuré à vouloir empêcher ce projet, Forcalquier n'aurait aujourd’hui pas perdu un centime. Mieux, la commune aurait encaissé 300 000 ¤ et une quarantaine de logements sociaux écologiques et participatifs auraient été créés.

Et si, vraiment, la dimension participative du projet ne plaisait pas au maire sortant, il aurait pu discuter de ses contours avec le bailleur en pensant à l’intérêt des habitants qui cherchent avec difficulté un logement.

  Charles Dannaud

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Ressources

Retrouvez ci-dessous l’ensemble des tracts envoyés aux forcalquiérennes et forcalquiérens.

P.V. d'A.G. 07.07.20

Le 7 juillet dernier s’est tenue l’assemblée générale de Forcalquier en commun en présence de 77 adhérents. Vous en découvrirez ici le procès-verbal qui relate, outre les formalités d’usage, quelques orientations pour l’avenir de notre association.

Tract #1

Qui sommes-nous ?
Les bases de notre action

Tract #2

Qui sommes-nous ?
La liste

Tract #3

Le programme
L'agenda